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Les écoles - L'école municipale de tissage de Sedan

Exposition Universelle de 1889

L’école municipale de tissage de Sedan

En 1881 éclatait dans tous les centres manufacturiers de l'industrie lainière une crise dont les conséquences ont été d'autant plus désastreuses qu'elle se prolongea pendant plusieurs années.

La ville de Sedan ne fut pas épargnée. On vit tout à coup le chiffre des affaires s'abaisser d'une façon effrayante ; les filatures étaient inoccupées et avec elles les nombreux ouvriers qu'elles faisaient vivre ; les trois quarts des tisseurs à la main chômaient, des villages entiers étaient sans travail.

Dans ces circonstances, la municipalité de Sedan, désireuse d'aviser aux moyens de lutter contre les épreuves que subissait l'industrie locale, réunit les fabricants à l'Hôtel de ville ; l'examen de la situation mit en relief la cause de la crise ; jusqu'alors Sedan, s'abandonnant à des habitudes prises de longue date, et se fiant à son ancienne renommée, avait produit exclusivement les tissus unis dont la consommation ne voulait plus, ses préférences se portant vers les tissus façonnés ; la transformation de la fabrication sedanaise s'imposait donc. Or, à cette époque, la connaissance des tissus façonnés était le privilège de quelques industriels qui avaient fait des études spéciales et de quelques contremaîtres instruits et formés par eux ; il fallait songer à propager autant que possible ce mode de fabrication et pour atteindre ce résultat fonder sans retard une école. Séance tenante, la création d'une Ecole municipale de tissage fut décidée, et la commission de direction élue. En peu de temps, le comité prit possession d'un magnifique bâtiment municipal situé place de l'île, au centre de la ville, et composé de trois étages élevés ne formant chacun qu'une seule et vaste pièce ; il nomma le professeur, fit installer le matériel nécessaire pour l'enseignement théorique, monta vingt métiers variés pour l'instruction pratique ; l'école put ouvrir ses portes le 1er octobre 1881. Dès le début, les auditeurs furent nombreux, trop nombreux même ; ils se figuraient, comme tant d'autres, que la science du tissage était aisée à acquérir ; il y eut bientôt des désillusions et des désertions ; vingt‑cinq seulement persévérèrent ; depuis lors, le nombre des élèves réguliers s'est progressivement relevé jusqu'à cinquante.

Les cours de l'école de tissage de Sedan comportent trois années d'études. Ils ont lieu tous les jours, le soir, pour la partie théorique ; pour la pratique, les vingt métiers des ateliers sont mis à la disposition des élèves toute la journée sous la surveillance et la direction du contremaître spécial de tissage. Chacun des membres du comité assiste tour à tour aux séances et visite les travaux d'élèves. Des concours trimestriels ont lieu entre les jeunes gens, dont les conceptions sont corrigées par le professeur et vérifiées par le comité. Un diplôme est délivré à la fin de leurs études aux élèves méritants.

Le montant des dépenses, couvertes par le budget municipal, varie de 8,500 à 9,000 francs par an ; le Ministère du commerce, de l'industrie et. des colonies accorde une subvention de 2,000 francs.

Les services rendus par l'école sont attestés par le nombre toujours croissant des élèves et par le nombre des contremaîtres déjà employés dans la fabrication qu'elle a formés. Si l'on examine la position sociale des clients de l'école de tissage, on reconnaît que si les patrons ou fils de patrons y sont malheureusement peu représentés, en revanche, les ouvriers tisseurs y viennent en grand nombre et montrent une assiduité des plus remarquables. Beaucoup d'entre eux, âgés de 20 à 35 ans, quittent leur village le soir, leur journée faite, pour venir assister aux cours. A leur sortie de l'école, s'il se présente une place, elle leur est donnée de préférence ; dans le cas contraire, ils retournent à leur métier, mais il ne s'écoule que peu de temps avant qu’ils soient demandés par quelque fabricant. De simples tisseurs gagnant irrégulièrement 75 francs par mois, ils deviennent des ouvriers et contremaîtres recherchés, occupant des emplois de 125 à 200 francs par mois, suivant leur mérite. Si donc l'oeuvre profite à l'industrie, elle contribue aussi singulièrement à l'amélioration du sort du travailleur qui cherche à s'élever par l'instruction.

Au point de vue de l'industrie, l'école cherche à préparer par l'étude de la décomposition et de la recomposition des tissus de bons échantillonneurs capables de trouver les étoffes nouvelles qui font la renommée et la richesse d'un centre de production ; la grande variété et l'originalité des tissus qui figurent à son exposition démontrent clairement que le but poursuivi n'est pas loin d'être atteint.

L'école de tissage de Sedan a été complétée en 1888 par la création d'un cours de raccommodage dont elle est seule à nous offrir l'exemple. Dans toute fabrication de tissus, il arrive que l'étoffe, qu'elle soit produite à la main ou à la machine, renferme des défauts dans un sens ou dans l'autre. Ces défauts font tache, et la pièce, s'il n'y était remédié, serait plus ou moins dépréciée ; alors apparaît la raccommodeuse ; c'est elle qui avec le fil et l'aiguille recompose le tissu, faisant ainsi habilement disparaître la tache. Aujourd'hui que les étoffes sont principalement façonnées, les défauts plus nombreux et plus préjudiciables, les bonnes ouvrières sont rares. A l'usine, elles sont obligées de passer par un apprentissage non rémunéré, à la suite duquel elles arrivent à gagner 0 fr. 75 par jour. A l'école, on leur enseigne les notions du tissu ; elles apprennent à l'exécuter sur des métiers spéciaux, à cordes ; puis la maîtresse reproduit les défauts divers qui peuvent provenir du tisseur, elle coupe par exemple un fil de chaîne ou un fil de trame ; l'élève se rend compte immédiatement de la défiguration de son ouvrage, et d'elle-même remet les fils en l'état. Dès qu'elle est bien au courant, elle opère l'aiguille en mains sur de véritables étoffes. Elle gagnera désormais, au lieu de o fr. 75, des journées de 1 fr. 5o à 1 fr. 75.

Le cours de raccommodage n'a lieu que dans les longs jours d'été, pour éviter la fatigue des yeux.

Il est permis d'affirmer que des villes comme Reims, Roubaix, Elbeuf, trouveraient de grands avantages à imiter cette heureuse innovation.

Source : Ministère du commerce, de l’industrie et des colonies, Exposition Universelle Internationale de 1889 à Paris, RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL publié sous la direction de Alfred Picard, groupe 2, 1ère partie – Education et enseignement – 1891.

Page 626.

Sur le site du Conservatoire numérique des arts et métiers : http://cnum.cnam.fr

Exposition Universelle de 1900

École municipale de tissage de Sedan

L'école a été fondée en mai 1881 pour former des dessinateurs de tissus et des échantillonneurs. Tout d'abord, la durée des études n'était que de deux ans ; elle a été portée à trois années en 1885. En 1889, fut créé, pour les jeunes filles, un cours de raccommodage, qui a été annexé à l'école.

Les cours ont lieu dans un bâtiment à trois étages, affecté autrefois à l'enseignement primaire et situé place de l'île, au centre de la ville.

Ils commencent au mois d'octobre et se ferment au milieu du mois d'août.

L'enseignement se subdivise en cours techniques théoriques et en cours pratiques.

Les programmes sommaires des cours de I'Ecole municipale de tissage de Sedan peuvent se résumer comme suit :

Cours techniques
Armures fondamentales.

Analyse et composition des tissus. Mon­tages.

Armures dérivées et composées. Liages d'en­vers.

Brefs et dessins. Tables des armures. Décom­positions.

Façonnés. Tissus double face. Rentrages.

Titrage des fils. Connaissance des laines.

Notions sur la fabrication, les nuançages, etc.

Cours pratiques

Ourdissage. Montage des chaînes. Rentrage des lames et des peignes. Piquage des cartons.

Empoutage du Jacquard. Tissage à la main.

Foulage et dégraissage.
MATERIEL D'ENSEIGNEMENT

28 métiers à tisser (métiers à la main)

2 ourdissoirs
1 métier à bobiner
3 tableaux quadrillés
1 métier à crocheter

1 métier à rentraire les Jacquards

1 métier à rentraire les lames

1 planche à fouler
1 dévidoir
1 pèse fil

1 collection de dessins et armures

1 collection de tissus échantillonnés

Une bibliothèque, fondée par l'Association amicale des anciens élèves de l'école et lui appartenant, est annexée à celle-ci ; ses ouvrages sont mis gratuitement à la disposition des élèves des trois années.

EMPLOI DU TEMPS

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Nombre des élèves au 1er janvier : 43.

Budget : 7,000 francs. L'Etat accorde une subvention annuelle de 2,000 francs, la ville de Sedan se charge de pourvoir aux insuffisances annuelles, soit environ 5,000 fr. par an.


Date de création : 18/05/2007 @ 19:56
Dernière modification : 01/06/2007 @ 21:23
Catégorie : Les écoles
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